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chiliflo

Mardi 30 janvier 2007

 


 
Allez c'est parti pour le premier article du blog à une semaine d'un voyage de six mois au coeur de l'Amérique Latine! Au programme : Patagonie, Désert d'Atacama, Altiplano et j'en passe... J'en rêve déjà! Pour info : les deux photos que j'ai mis en haut de mon blog c'est le volcan Osorno au sud du Chili (on y sera dans 15 jours) et la vallée de la lune au nord (ça c'est pour cet été).

Mais avant de commencer et pour vous donner un petit avant goût de ce que je vais vivre dans les prochains mois, un petit flashback sur mon voyage au coeur de l'Himalaya cet été. Soyez indulgents sur la rédaction de mon carnet de route : il a été écrit dans les transports indiens (qui ne sont pas toujours des plus confortables!) ou sous une tente à la lueur d'une lampe frontale. Suivez le guide et plongez au coeur des immensités himalayennes...


Je vais essayer d'instaurer une tradition sur le blog en commençant toujours mes articles par une petite citation. Alors voila un petit proverbe tibétain de circonstance que j'affectionne particulièrement et qui me correspond plutôt bien :) "Si le problème a une solution, il ne sert à rien de s'inquiéter mais s'il n'en a pas, alors s'inquiéter ne change rien." A méditer devant une bonne bière bien fraîche.



Aventures himalayennes


A travers ce récit, j'espère vous faire partager quelques unes des émotions que j'ai pu ressentir au cours de mon périple indien. Pendant près d'un mois, nous avons exploré une zone de l'Inde du nord, le Ladakh, coincé entre le Pakistan et les hauts plateaux Tibétains. Avant de commencer, un petit point sur les protagonistes : moi, premier voyage en dehors de l'Europe ; Dam mon frère et France ma belle-soeur des vrais petits globe-trotters; Karine, une amie de France, grande randonneuse dans l'âme et enfin Jo qui étudie depuis six mois en Inde, mordu de sport et croqueur de vie à pleines dents.



1er jour : arrivée a Delhi

En comparaison de la France, le contraste est saisissant. L'atmosphère est humide et étouffante. Les vaches se balladent au milieu des taxis et de divers engins à moteur qui klaxonnent à tout va. La ville grouille véritablement de monde. Dès les premières minutes en Inde, on a l'impression d'être plongé au coeur d'une aventure de Tintin. On décide d'aller à la station de bus pour prendre la direction des montagnes : on visitera finalement Delhi sur le chemin du retour. On passe dans les quartiers pauvres : images saissisantes de ces gamins couverts de crasse le regard hagard à la recherche de quelques roupies. La misère n'est plus seulement perceptible à travers un écran de télévision, on la touche du doigt. Arrivé à bon port, on réserve tout de suite un bus pour Manali qui marque le début de l'Himalaya. L'aventure commence réellement. Le voyage dure 18h dans des conditions difficiles. La route laisse rapidement place à un semblant de piste caillouteuse et les moustiques viennent gentillement vous réveiller au moment où vous commencez à fermer les yeux. On arrive tout de même vers 5h du matin le lendemain et on trouve un petit endroit pour dormir.

Notre bus tout confort!


2eme jour : repos à Manali


3eme jour et 4eme : voyage en jeep

Apres s'être un peu remis de notre long voyage, on repart en direction de Leh à 2 jours de route, ville perchée à 3800m d'altitude et qui est le point de départ des principaux treks himalayens en cette saison. Pour cela, on loue une jeep. La route est assez dangereuse et n'est ouverte que trois mois par an à cause de la neige. On comprend vite pourquoi quand après une heure de route, on se retrouve déjà au bord d'impressionants précipices! Le voyage est grandiose : on passe au dessus de gorges de plusieurs centaines de mètres, à l'intérieur de canyons que l'on croirait sculptés dans la roche, devant des monastères batis à flanc de montagne. On se sent tout petit en apercevant quelques sommets à plus de 7000 mètres puis en passant sur la route carrossable la plus haute du monde à 5500m d'altitude. La promenade tourne même à l'aventure lorque l'on doit jeter des pierres dans une rivière pour la traverser avec la jeep. Le matin du deuxième jour de route est le moment d'une rencontre étonnante avec des nomades qui vivent dans des conditions extrêmes de dénuement. On leur donne quelques réserves d'eau indispensables à leur survie. Leh est finalement atteint en fin d'après-midi. On va maintenant pouvoir se consacrer à la préparation de notre trek.

 

Coucher de soleil au coeur du Ladakh!


5eme et 6eme jour : pause à Leh

Après une bonne nuit de sommeil, on se réveille tôt pour aller voir les agences de trek. Les arnaques sont en effet nombreuses et on préfère aller en voir un maximum pour ne pas se faire avoir. Finalement, on décide de partir pour un trek en deux parties : une première assez classique et une deuxième plus difficile. Le guide nous apprend que l'on va passer dans certaines zones qui n'ont pas été visités depuis longtemps et qu'il n'est pas sûr que le terrain soit praticable. On décide tout de même de tenter le coup. Au pire, on fera un demi-tour et on bouleversa nos plans. Le lendemain est consacré à la visite de Leh. On a la chance de pouvoir assister à une cérémonie religieuse dans le monastère principal de la ville. C'est étrange car j'imaginais le monastère comme un lieu de recueillement mais c'est aussi un lieu de vie à part entière : les enfants jouent au milieu de la cour, les grands-mères viennent se rencontrer, les moines vendent les produits qu'ils fabriquent. On ne peut être que fasciné par cet atmosphère d'un autre temps...

       

 

 

 

 

 

 

 

7eme et 8eme jour : des débuts difficiles

On est vraiment excités à l'idée de commencer notre périple. Cependant, les débuts sont plutôt compliqués. Avec la poussière, un de mes yeux s'est infecté et je ne peux pas profiter pleinement du trek. Karine souffre de l'altitude : chaque effort est pour elle un calvaire. On l'encourage énormément en espérant des jours meilleurs. A cause de problèmes de transports, nos chevaux qui acheminent la nourriture et le matériel pour camper arrive en retard ce qui fait qu'on devra marcher plus les jours suivants. Sur le chemin, on s'arrête pour visiter le monastère de Lamayuru et son école bouddhiste. Les petits moines, curieux, en profitent pour nous poser une foule de questions dans un anglais un peu hésitant. Le soir venu, pour fêter mon anniversaire, on parvient à dégoter quelques bières. Le guide et le cuistot se démènent pour nous préparer un bon repas. On invite un couple de belges qui passent la nuit dans le même camp que nous. L'ambiance est conviviale et unique. Avec Jo, on fini la soirée avec une bouteille de whisky et quelques cigarettes « locales » dégotées à Manali quelques jours auparavant. On se couche devant le ciel resplendissant d'étoiles un peu défoncé, il est vrai, mais tellement heureux.

 

 Petite photo de carte postale


9eme jour : le trek commence véritablement

Tout le monde va mieux et le moral est au beau fixe. La journée même s'il n'y a pas de sommets à franchir est difficile à cause de la chaleur. On longe une rivière toute la journée en passant notamment dans des gorges assez étroites : bien évidemment, on en prend plein la vue. Et puis on apprend à mieux connaître notre guide : il est tibétain. Il nous raconte l'histoire de son peuple avec beaucoup d'émotion. Il nous explique aussi qu'il est prof de math mais que comme sa femme est enceinte, il est obligé d'être guide l'été pour payer la maternité. Une leçon de vie tout simplement.


10eme jour et 11eme jour : des cols et encore des cols...

Pendant 2 jours, on franchi 5 cols pour rattraper le retard pris sur l'itinéraire initial. On en passe notamment un à 5200m. A cette altitude l'oxygène se fait plus rare et l'effort se fait vite ressentir. Heureusement, dans le groupe, les personnes ne souffrent que de légers maux de tête : nos organismes se sont bien adaptés. On a aussi traversé plusieurs rivières : ce sont des moments délicats car les pierres sont très glissantes et on a vite fait d'y laisser une cheville. Le guide nous prévient qu'on en passera des beaucoup plus méchantes : on n'est pas au bout de nos peines! Les paysages sont de plus en plus fabuleux et surréalistes : chaque soir les couchers de soleil sont des moments uniques et chaque nuit on a l'impression que les étoiles se multiplient. Mais demain on monte encore d'un cran : on va entrer dans des zones dans lesquels peu d'hommes s'aventurent. L'excitation nous gagne.

Se laver dans les rivières alimentées par l'eau des glaciers. Que du bonheur!


12eme jour : au coeur du petit Tibet

La journée commence par l'ascension très difficile d'un col à 5000m : le terrain est très caillouteux et on est à la limite de l'escalade par moment. En plus, le guide fait une légère erreur d'orientation qui nous rallonge le parcours. On arrive finalement en haut exténué vers midi. Heureusement l'après-midi est plus cool avec un terrain plus praticable. On fait une rencontre innatendue avec un yak sauvage, animal impressionant mais inoffensif. Ici, c'est l'animal roi. Les peuples himalayens le mangent bien évidemment mais ils utilisent également sa graisse, son lait, son épaisse fourrure et et se servent même de sa bouse comme d'un combustible. Les lieux étant beaucoup plus sauvages, on a dû mal à trouver un terrain idéal pour camper. Il faut de l'herbe et un point d'eau pour que les chevaux puissent paître et un endroit plutôt plat pour que l'on puisse dormir. Finalement, on décide d'un lieu qui semble faire l'affaire. Avec Jo, on se dépêche d'installer la tente mais on va vite le regretter en s'apercevant que le terrain est en pente et sur des cailloux. On se réveillera le lendemain matin avec un mal de dos et une nuit blanche dans les pattes sous le regard amusé des « vieux briscards » qui eux auront pris le temps de préparer l'emplacement pour leur abri. Tout se finit dans un fou rire général.

On se sent petit à 5000m d'altitude


13eme jour : quelques frayeurs

C'est le genre de journée dont on se souvient longtemps. Explications : le niveau de la rivière que l'on suivait depuis la veille s'intensifie et le courant est de plus en plus fort. On n'arrive pas trop à estimer la profondeur par endroit et c'est assez inquiétant. Le guide nous donne deux choix : soit on passe par les falaises en sachant que l'on va circuler sur des corniches de quelques dizaines de centimètres avec plusieurs centaines de mètres de vide au-dessous, soit on essaye de traverser la rivière. On décide d'aller voir avec Jo le sentier au-dessus de la falaise mais il nous apparaît vite très risqué. On décide de tenter le coup avec le passage de rivière. Il faut savoir que l'eau decend directement des glaciers et donc qu'elle est à peine supérieure à 0°C! On a très vite de l'eau jusqu'à la taille et on cherche le meilleur passage possible mais le courant est trop fort et on est vite tétanisé. On doit renoncer : il va falloir prendre l'option corniche. Pendant quelques heures, on se ballade au-dessus su vide : je ne vous raconte même pas l'état de concentration dans lequel on se trouve. On sait qu'on n'a pas le droit à l'erreur. On est finalement content de camper entier le soir devant un bon repas.


 

 

 

 

 

 

 

 







 

                                                                                                                                     14eme jour : une rencontre incroyable

Le soir du quatorzième jour est marqué par l'entrée dans un petit village coupé du monde : Dibling. Certains de ses habitants n'ont pas vu de blancs depuis plusieurs années. L'accueil est très chaleureux. Une petite fille nous offre des fleurs et une vieille dame nous invite à boire le thé dans sa vétuste demeure. On a dû mal à se comprendre car les habitants ne parlent pas un mot d'anglais. On a l'impression d'être transporté dans une autre dimension. Un petit moine nous ouvre les portes du monastère local : une pièce unique dans lesquels sont disposés quelques statues, une bougie et une vieille photo du dalaï-lama. Au campement, les enfants du village, amusés par notre présence, suivent chacun de nos gestes avec beaucoup d'attention : on a l'impression d'être une curiosité. On s'endort finalement assez tard ce soir-là la tête blindée de souvenirs.


15eme et 16eme jour : arrivée à Rangdum

Encore deux jours de trekking et nous arriverons au terme de notre aventure à Rangdum. L'avant dernière journée ést très difficile avec l'ascension du Picdonla à 5400m. France commence à atteindre ses limites physiques mais un yak vient à sa rescousse! En effet, au pied de l'ascension, on croise comme par miracle un éleveur de yaks qui propose aux filles de monter le col à dos de yak. France ne se fait pas prier et réalise une montée hors-du-commun. Karine, quand à elle, décide de monter à pied : elle va bien mieux que les premiers jours! En haut, on a même le droit de déguster une sorte de fromage blanc au lait de yak. Spécial mais nourissant. En redescendant, on ne manque pas de se vautrer sur les pentes enneigés de la montagne. Tout le monde y a le droit. Le lendemain est ponctué par de nombreux passages de rivières. A chaque traversée, tout le monde croit détenir le meilleur passage mais on fini la plupart du temps bien humide! Enfin, en début d'après-midi, c'est l'arrivée au monastère de Rangdum qui marque la fin du trek. C'est un des plus beaux paysages du voyage qui s'offre alors à nous. Imaginez un peu un monastère planté en haut d'une montagne avec tout autour une sorte de cirque lunaire creusé par l'élargissement de la rivière et au loin des montagnes de toutes les couleurs qui s'élèvent vers le ciel. Et encore plus loin, les sommets enneigés qui dépassent les 7000 voir les 8000 mètres. Scotchant!

 

17eme jour : direction Srinagar

Le trek se termine mais le prériple continue. On dit au revoir à notre guide, notre cuistot et notre « horseman » non sans une certaine émotion. On n'oubliera pas de si tôt ces dix jours. On a décidé de prendre la direction du Cachemire zone un peu chaude à la frontière Pakistanaise, et plus précisément de Srinagar ville située au bord d'un énorme lac coincé entre les montagnes. On apprend vite que des attentats ont eu lieu il y a une semaine. De toute façon, il est trop tard pour faire demi-tour, on a déjà réserver nos billets d'avion Srinagar-Delhi. Nous voilà donc parti en 4x4 vers Kargil, où on s'arrête pour se reposer. En arrivant, on part à la recherche d'un taxi pour Srinagar. Et là grande surprise : on apprend que le président de l'Inde arrive à Srinagar dans deux jours! On est obligé de partir à 1h30 car la route est fermée la journée. La nuit sera courte.


18eme et 19eme jour : une ville sous haute surveillance

Après un réveil très difficile, on arrive finalement à Srinagar au petit matin. Le lever de soleil sur le lac est plutôt sympa. Autant dire qu'on ne sera pas dérangé par les touristes vu qu'il n'y en pratiquement aucun. Une guerre entre l'Inde et le Pakistan a éclaté en 2002 et même si un cessez-le-feu a été déclaré, la ville a de forts airs de ville occupée. La venue du président et les derniers attentats amplifient cette situation. On a bien dû nous fouiller une bonne dizaine de fois! Heureusement, la ville regorge de lieux magnifiques. On est hébergé sur un superbe « house boat », véritable villa flottante qu'on négocie pour une bouchée de pain. On peut enfin prendre une vrai douche et presque chaude en plus. Fini de faire trempette dans l'eau glacée des rivières pour se laver! Srinagar est située en terre musulmane : on entrevoit donc quelques burkas, ces affreuses parures qui enveloppent les femmes de la tête au pied les laissant regarder à travers un tout petit morceau de grillage. Mais, on fait aussi de magnifiques rencontres : dans une mosquée où se trouve le tombeau d'ne personnalité islamique forte importante, nous sommes intrigués par certaines reliques. Un homme nous explique avec gentillesse leur signification.. Alors que cet endroit magnifique du Cachemire pourrait voir dans le tourisme une incroyable chance, certains au détriment des autres semblent penser différement. On se demande comment on peut poser des bombes dans un lieu aussi paradisiaque. Notre visite se poursuit avec les jardins Moghols, des jardins flottants construits au 14eme siècle. On se laisse vite envoûté par le charme très orientale de l'endroit. Un restaurant et un retour en barque sur notre bateau clôture nos deux jours.


20eme jour : retour mouvementé à Delhi

On profite des dernières heures à Srinagar pour se lever tôt le matin dans le but d'aller voir le marché flottant qui a lieu au lever du soleil. C'est dans une petite crique sur le lac que tous les marchands viennent s'échanger leurs produits. On se retrouve vite abordés par un bon nombre d'entre eux qui nous proposent toutes sortes d'objets. L'ambiance est très détendue et on se marre bien. On décide tout de même de vite rentrer pour prendre le chemin de l'aéroport : c'est aujourd'hui que le président arrive et on ne veut pas rater notre avion. On prend donc un taxi pour y aller. On voit tout un cortège de voitures présidentielles filer à toute allure vers l'aéroport pendant qu'on se fait arrêter tous les dix mètres pour vérifier nos passeports. Après une cohue monstrueuse à l'aéroport, on réussi quand même à monter dans l'avion juste au moment où celui du président se pose sur la piste. On arrive à Delhi en fin d'après-midi : on retrouve alors cet atmosphère poussiérieuse, ce bruit constant, cette chaleur pleine d'humidité. A côté, Paris ressemble plutôt à la campagne!


21eme jour : une ville de contrastes

Aujourd'hui nous voilà parti à la découverte de Delhi. Pendant toute la journée, on prend le temps de découvrir la ville, le Fort Rouge, les différents monuments dédiés à la mémoire du Mahatmah Gandhi mais ce que je retiendrais le plus c'est la diversité que l'on découvre à chaque détour. Entre pauvreté et richesse, entre Islam et Bouddhisme, entre modernité et tradition, l'Inde reste vraiment un pays fascinant et mystérieux aux yeux des occidentaux que nous sommes. Et puis il y a ces images : celle d'un enfant atteint de la polio au bord des marches d'une des plus grandes mosquées du monde, celle d'un mendiant à qui il manque une jambe et qui implore quelques pièces pour manger ; le genre d'images que l'on garde à jamais dans un coin de sa tête. Après s'être fait quelques frayeurs dans le taxi nous amenant à l'aéroport (le chauffeur se prenant pour Mickael Schumacher), nous nous envolons en direction de Paris. Dans l'avion, j'essaye de me remémorer tout ce qui nous est arrivé et je rêve à d'autres voyages. Au loin, j'entends déjà les sommets des Andes qui m'appellent...

 

Et bien sûr UN GRAND MERCI à mes quatre compagnons de route : c'était génial!
(surtout à Jo pour être mon fournisseur officiel de photos )





Par flo
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Dimanche 4 février 2007
Citation du jour : "L'honnêteté est la clef des relations humaines. Si vous pouvez la feindre, vous êtes tranquilles."  Richard Jeni

Avant de commencer cet article, je me mets un peu en mode nostalgie (ben oui je pars pour six mois quand même, vous allez me manquer...) :

Merci  Kev, Momo, Gigo, Mat, Julien et Titi  de me supporter  depuis si longtemps (et  non  je n'oublie pas de vous ramener des chiliennes nues accompagnées de deux ou trois bouteilles de tequila!)

Merci Juju pour tous ces moments forts.

Merci Télécom pour cette année et demi de bonheur, ces fous rires et ces soirées à n'en plus finir. Là, la liste est trop longue et je risquerai d'oublier du monde... (Oh! JB fais pas la gueule : tu pourris mon blog, tu crois tout de même pas que je vais te remercier personnellement!)

Merci Dam et France de m'avoir accueilli durant ces week-ends plus que sympathiques.

Merci Greg (euh pourquoi je le remercie : il me doit encore 100 euros et une bouffe au resto ce chacal!)

Bien sûr un grand merci à mes parents (et ne vous inquiétez pas, six mois ça passe vite : quand je reviendrais en août mettre le souk dans la maison, je suis sûr que vous regretterez le chili!)

Et un grand merci à tous ceux que je viens d'oublier ( Couli,  Hafid,  Jerome,  les Emelines,  Thibaut, Vince,  Pauline, Fred...)

Allez après mon quart d'heure "je raconte ma vie, je fais style j'ai plein d'amis et je fais des remarques persos qui n'intéressent que les gens concernés", place à l'aventure et aux grands espaces patagoniens.

Voila on touche au but. Dans quelques heures, l'avion, Santiago, Valparaiso, le début des galères lol ...
Comme on aura surement moins de temps quand on sera sur place, je vous présente le périple que l'on devrait réaliser en février avant le dur retour à la réalité et le début des cours en mars...




1ère partie (en rouge) : Trajet en bus de Valparaiso à Punta Varas d'une dizaine d'heures. On arrive dans ce qu'on appelle la région des lacs : volcans, geysers et grandes étendues d'eau parsèment la région avec en toile de fond la cordillère.

2ème partie (en bleu) : De Punta Varas on va traverser la cordillère des Andes et passer la frontière argentine : 4 jours à crapahuter au bord des lacs entre les volcans!! Avec quelques surprises, je pense, pour mes coéquipiers d'aventure (mais chut! vous en saurez plus en temps voulu)

3ème partie (en vert) : On devrait arriver à El Bolson en Argentine et descendre alors vers le bout du monde pour arriver au glacier Perito Moreno un mur de glace de plusieurs dizaines de kilomètres de long au milieu de nulle part...

4ème partie (en orange) : On rejoindra alors le parc Torres del Paine pour un trek dans un des endroits les plus beaux du monde.

Allez je vous laisse, il paraît que j'ai un sac à préparer...

Hasta luego

Par flo
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Lundi 19 février 2007

citation du jour : "Il y a dans l'air ce leger souffle seduisant..."

Ca y est on a reussi a passer en argentine. On est a el bolson. On part dans quelques heures pour la patagonie du sud, tout au bout du monde. On vient de trekker 3 jours dans la region des lacs (les photos et le recit de toutes nos galeres vont suivre, ne vous inquietez pas!). Je sais que je dois donner pleins de nouvelles a pleins de gens mais ce n'est pas toujours evident de trouver le temps et des moyens de communication necessaire mais je le ferai promis.

Allez je vous laisse, je descends vers les fjords et les glaciers patagoniens.

PS : Bon anniv Jb ( avec un peu de retard je sais)

PS 2 : pour les parents de steph : je ne suis pas qu'un trekkeur tortionnaire qui veut tuer votre fille a tout prix (elle doit en rajouter des tonnes sur mon comportememt alors que je suis tout gentil et pas du tout tete brulee...) parce bon a part traverser des rivieres d'eau glacee , marcher 7h sous la pluie et escalader des montagnes au milieu des rochers on ne fait rien de bien mechant!!! 

Par flo
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Dimanche 4 mars 2007
Citation du jour : "Ne rien risquer est un risque encore plus grand"  Erica Jong

Salut à tous,

Comme j'aurais du temps par la suite pour vous décrire l'ambiance des ruelles colorées de Valparaiso et nos petites galères quotidiennes (l'administration chilienne n'est pas très souple à mon goût lol),  je vais pour l'instant vous raconter pendant que c'est encore tout chaud notre périple qui nous a transporté de la région des des lacs au bout du monde en Patagonie. J'ai réalisé cette aventure avec trois amis de Télécom (Steph, Simon et Julien) venus avec moi goûter aux joies de l'ambiance sudaméricaine.


1er jour : et c'est parti!!!



Première session de bus de nuit pour arriver à Puerto Varas au bord des lacs et des volcans. Quelques provisions histoire de s'alimenter puis on repart vers le lac Pétrohué et le majestueux volcan Osorno (dont le sommet est légèrement caché par un nuage récalcitrant). Tout va bien, l'ambiance et le temps sont au rendez-vous. Une petite balade au bord du lac et un bon repas clôture une journée bien sympathique. Le lendemain ça ne va pas être la même chanson. Vous allez vite comprendre pourquoi...


2eme jour : galère sous la pluie...

Le genre de journée dont on se souvient avec le sourire après coup mais sur le moment c'est difficile. Tout commence par un réveil sous la brume des andes puis on traverse le lac Pétrohué avec quelques gouttes de pluie pour arriver sur ce qui est indiqué comme une route sur la carte. Et là première mauvaise surprise : c'est en fait un petit chemin forestier. Mais bon ce n'est pas grave, on part pour quelques heures de marche dans la bonne humeur. Sauf que le temps se gâte très vite en même temps que le terrain devient difficile. On se retrouve vite trempé jusqu'aux os dans la boue. Je pense à ce moment-là que mes compagnons d'aventure me détestent et commencent à se demander dans quelle galère je les ai emmenés. En plus, comme les conditions sont difficiles, on avance à un rythme de fourmi. Finalement, après des heures de marche assez difficiles, on arrive à un arrêt de bus dans le village de Ralun ou une femme nous propose de se réchauffer et de se changer dans sa maison. L'hospitalité sud-américaine c'est génial! On repart finalement en bus vers le village de Cochamo et on trouve une petite auberge pour passer la nuit.


3eme et 4eme jour : le soleil est de retour!!!

Le réveil à Cochamo se fait sous la pluie : Autant vous dire que je suis un peu dégoûté vu que ça fait bien longtemps que je prépare cette traversée des Andes. Je sens bien que mes compagnons sont presque résignés à faire demi-tour et moi aussi (je commence à me dire que ça ne sert à rien de galérer plusieurs jours sous la pluie).Mais finalement comme par miracle, petit à petit, le soleil revient. Ouf! direction la vallée du Rio Puelo et ses paysages andins.








C'est quand même autre chose les Andes sous le soleil













Bon, nous voilà donc au coeur des Andes : on a maintenant trois jours pour arriver à El Bolson en Argentine. On se lance à l'assaut des chemins chiliens. Le 4eme jour, on part de Rio Puelo (c'est le dernier village digne de ce nom avant l'Argentine, après il va falloir de se débrouiller avec les quelques habitations qu'il peut exister sur la route). On traverse le lac Tagua-Tagua sur le ferry local. Superbe traversée avec la brume qui s'enlève petit à petit des collines voisines au fur et à mesure que le soleil se lève. Ensuite, on fait du stop pour essayer de rejoindre Llanada grande, un regroupement de quelques habitations où il devrait y avoir de quoi acheter un peu de nourriture. Mais les rares pêcheurs qui passent sur la route de pierre qui mène à Llanada grande ont la flemme de nous prendre. Seule une voiture qui peut prendre deux personnes s'arrête. Steph et Simon montet dedans : Julien et moi marcherons... C'est assez difficile car il fait chaud et c'est une route caillouteuse (aie! les ampoules).
Bon on arrive finalement à bon port après qu'un bus soit passé alors qu'ils ne nous restait que 500m a faire (grrrrrr!). On dort finalement au bord du lago Azul dans une auberge habituée à accueillir les quelques randonneurs de passage.



5eme et 6eme jour : la marche, ça use...

Bon nous voila donc reparti après une bonne nuit de repos. Le soleil et la chaleur sont toujours présents. On traverse le lago Azul sur un petit bateau à moteur.Ensuite, on monte au-dessus du lac pour passer une colline. Steph a quelques difficultés (il faut dire que la montée est assez raide) mais elle est courageuse. Ensuite, on arrive sur une ribambelle de chemins alors que sur la carte, il n'y a qu'un seul chemin : ça me rappelle certains raids... On se paume un peu et les rares chiliens que l'on croise sont incapables de nous renseigner correctement. Finalement on se retrouve au lago Las Rocas pas vraiment l'endroit où l'on voulait aller mais bon on fait avec et on trouve quelqu'un pour traverser le lac en canot à moteur. On fait la connaissance de deux baroudeurs chiliens qui font un grand périple en Amérique du Sud. Je prends en photo une petite fille sur le bateau toute fière de nous montrer les différents oiseaux qui cohabitent sur le lac. Un e fois le lac traversé, on reprend notre marche et on traverse le magnifique rio Puelo et ses eaux turquoises. Le moyen de traverser est assez cocasse : il s'agit d'un canot large qui coulisse sur une corde pour rejoindre l'autre rive (ça sappelle un bac). Enfin, on rejoint quelques habitations où l'on trouve un refuge pour la nuit chez une femme très sympathique. Bon, l'habitat reste assez précaire sans eau chaude dans la salle de bain et  avec des draps pas toujours très propres  mais on va pas se plaindre...
Le lendemain est une grande journée de marche avec le passage des postes frontières argentins et chiliens. On a un peu peur en arrivant à la frontière car on nous a dit à Valparaiso qu'avec notre visa étudiant, on aurait des difficultés pour passer. Cependant, tout se passe bien et on repart soulagé. Le terrain est ensuite plus difficile avec un peu d'escalade de temps en temps et quelques passages de rivières. Après huit heures de marche, une dernière surprise nous attend avec la traversée de 4 guets du lago Puelo. On a de l'eau (légèrement glacial) jusqu'à la taille et les cailloux pointus finissent d'achever mes ampoules. Enfin après cela, on arrive enfin au bout du voyage. Un dernier sprint nous amène jusqu'au bus direction El Bolson avec son petit resto, son buffet chaud à volonté  et ses bières fraîches : un régal après trois jours de trek!!!































On s'arrête là pour aujourd'hui : la suite au prochain épisode avec la Patagonie et son atmosphère magique...




Par flo
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Vendredi 9 mars 2007
Citation du jour : "l'homme n'est pas fait pour travailler. La preuve, c'est que ça le fatigue" Georges Courteline


Aujourd'hui, la seconde partie de mon carnet de route avec la Patagonie.


7eme, 8eme et 9eme jour : de El Bolson vers le glacier Perito Moreno


Bon, je vous ai laissé perdu à El Bolson au coeur des Andes côté  argentin. Nous voilà donc arrivés dans cette ville fondée par les hippies dans les années 70.  La ville oscille entre tourisme familial et bohème seventies. On prend donc notre petite journée de pause dans cet endroit paisible histoire de donner quelques nouvelles aux parents et de réserver nos places de bus pour la Patagonie. La chance est avec nous : il reste quelques places disponibles le soir-même pour Rio Gallegos, dernière ville étape avant d'entrer en Patagonie.
C'est donc parti pour une plus de 20h de bus. Après une nuit passée dans le bus, on se réveille au milieu de la pampa et de la steppe argentine : c'est un véritable désert qui s'offre devant nous. En s'arrêtant sur une des rares aires d'autoroute qui peuplent la longue route menant en Patagonie, on aperçoit notre premier lama, donné en spectacle aux touristes. Enfin bref, on repart pour arriver à Rio Gallegos ville industriel toute moche. Mais bon, pour nous, ce n'est qu'un lieu de passage : on n'y reste qu'une nuit. Et pourtant on est obligé de  rentrer dans une dizaine d'hôtels avant d'en trouver un qui a des chambres libres. Reposés on repart le lendemain pour El Calafate : les paysages pittoresques commencent à se dessiner. On devine les montagnes  et les glaciers  qui  ne sont plus très loin. Coup de chance monstrueux : au moment de descendre du bus, on apprend qu'un autre part dans une heure pour le glacier Perito Moreno. Juste le temps de trouver un endroit pour dormir la nuit suivante  et c'est parti.
Après une bonne heure de trajet se présente devant nous un énorme bloc de glace d'une hauteur de 55m et qui s'étend sur plus de 14km. C'est un paysage grandiose que cette glace aux reflets bleutés coincé entre les cerros ("montagnes") patagons. Le lieu a beau être rempli de touristes, l'endroit reste très sauvage. Au fur et à mesure de la journée, les rayons du soleil tapent sur le glacier faisant chuter des énormes blocs de glace dans l'eau. Allez assez de blabla, quelques photos pour découvrir le glacier :



Voilà, après s'être rempli les mirettes, on repart donc pour El Calafete avec en bonus un coucher  de soleil sur le lago Argentina.


10eme et 11eme jour : arrivée dans le parc Torres del Paine

Une bonne nuit de sommeil et direction Puerto Natales dès le lendemain matin (oui! je sais, on ne s'arrête jamais mais bon on m'a dit de profiter alors moi je profite!). Et départ mouvementé pour le parc Torres del Paine joyau du chili tout au bout du monde. Mouvementé me direz-vous mais pourquoi? Tout simplement parce qu'il y a eu une série de quiproquos entre les conducteurs de bus chiliens et nous. En effet, pendant que Steph et Simon réservaient nos billets de retour pour Valparaiso, le bus pour Torres del Paine part en avance... puis revient pour on ne sait quelle raison. Je cours chercher Steph et Simon qui me disent que ça ne sert à rien de se dépêcher et que le bus nous attend devant l'agence. Là, je ne comprends plus rien puisque notre bus nous attend à quatre pâtés de maison de là!!!! Finalement, il y a bien une erreur et on court pour monter dans le premier bus (celui qui était parti en avance). Ouf! c'est bon : en route! On arrive finalement dans le parc le soir où on loue des tentes pour camper et où on se débrouille comme on peut pour allumer un feu et faire cuire un paquet de riz.

Le lendemain matin, nous partons donc à l'assaut du parc Torres del Paine. La première partie de notre trek est l'occasion de découvrir les fameuses Torres del Paine qui sont en fait d'énormes tours de pierres qui s'élèvent à presque 3000m de hauteur (vous les voyez sur la photo dans le fond un peu à droite). Malheureusement, le temps reste toujours incertain en Patagonie et ce jour-là c'est la brume qui nous accompagne tout au long de notre marche. Après 3h de marche on arrive au pied des Torres. Il ne reste plus qu'à gravir une dernière ascension dans la cailllasse pour pouvoir admirer les tours. Une bonne demi-heure plus tard, on se retrouve en plein vent devant ces murs de Pierre. Même si elles sont masquées par le brouillard, les Torres restent impressionantes.

Le lendemain, on repart pour de nouvelles aventures avec une journée sous le soleil. Bon, les photos valent mieux que les long discours (et puis j'en ai marre d'écrire après je vais me répéter... lol )















12eme et 13eme jour : La vallee de Frances

Le réveil du troisième jour se fait sous une légère pluie qui nous rappelle un peu la Bretagne. Je me réveille un peu frustré puisqu'on devait partir à 5h du matin avec Julien pour faire ce qui est sûrement la plus belle rando du parc pendant que Steph et Simon empruntaient un chemin plus facile. Les conditions météo ne sont pas assez bonnes et on est obligé  de décoller à 10h résignés à faire une "petite" rando. Un peu énervé, j'avale la première partie du parcours en 1h15 au lieu de 2h. Arrivé au campemiento italiano, je décide quand même de faire la boucle supplémentaire que l'on devait faire 5h plus tôt. En marchant à un bon rythme, on devrait arrivé avant la nuit!!! Julien me suit et on commence à arpenter la somptueuse vallee de Frances. On remonte en fait le long d'un torrent : le terrain est assez difficile au début (on se trompe d'ailleurs un peu de chemin et on passe tout au bord du torrent) pour être ensuite un peu plus facile . On apercoît successivement le glaciar de Frances et les immenses cuernos du parc. Au fur et à mesure de notre montée, le temps se dégrade et il se met même à neiger. Incroyable, hier, il faisait grand soleil! Après une longue traversée de forêts, on arrive finalement au milieu de paysages surréalistes. Et là miracle :  le soleil fait sa seule apparition de la journée juste au moment où l'on arrive au mirador (point de vue) de la vallee : c'est splendide (oui! je sais, j'abuse un peu des superlatifs mais bon ce n'est pas tous les jours que l'on voit la Patagonie). On a en fait une vue à 360° avec les 4 cuernos qui se dégagent d'un côté et le glaciar de Frances de l'autre. En plus, le soleil et la brume qui se dégage petit à petit donnent un aspect magique au paysage.
Je vous entends déjà hurler les photos, les photos... Allez les voilà :


Enfin, il a bien fallu redescendre vers le campement : on a mis le turbo avec Julien pour arriver au bord du lago Pehoe. La verdure et les coins sablonneux du parc font ressortir
la couleur bleue turquoise du lac. Malheureusement, les photos ne rendent pas super bien cette impression visuelle. Donc ça je le garde pour moi dans un petit coin de ma tête. lol


Les derniers jours :  retour vers Valparaiso

Et voilà c'est fini, il est déjà temps de repartir à Valparaiso  : On quitte le parc Torres del Paine sous une pluie battante : En 4 jours, on aura eu le droit à tous les types de temps. Et puis c'est les deux jours de bus  pour revenir  au bord du pacifique sous le soleil. Allez une petite dernière photo de la mascotte local : le lama. Mais ne vous inquiétez pas, j'ai pas dit mon dernier mot en terme d'aventure.


Par flo
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